Le Malheur d' Henriette Gerard
Auteur : M. Louis Emile Duranty
Date de publication : 2014-02-27
Éditeur : CreateSpace Independent Publishing Platform
Nombre de pages : 180
Résumé du livre
Extrait : Le malheur d' Henriette G�rard � une demi-lieue de Villevieille, chef-lieu d'arrondissement, se trouve une jolie propri�t� qu'on appelle les Basses-Tournelles. La maison d'habitation est gaie, le parc assez grand. Les terres qui en d�pendent, tr�s fertiles, produisent un revenu d'environ quinze mille francs. Cette maison gaie, entour�e de gazons et de jeunes bois, a renferm� une famille dont les troubles int�rieurs et les catastrophes ont beaucoup pr�occup� le pays, d'autant plus qu'elle avait d'abord paru fort unie, et d'apparences presque patriarcales, sous lesquelles la malignit� provinciale eut quelque peine � d�m�ler les plaies et les d�sordres. Le p�re, M. Pierre G�rard, s'�tait plac� � la t�te de l'agriculture de l'endroit et les gens qui consid�raient le propri�taire important, l'�leveur de beaux boeufs, ne s'inqui�taient pas de la largeur de son sens moral, et n'analysaient point sa physionomie rus�e, mat�rielle et un peu basse. La m�re, femme de quarante-deux ans � peu pr�s, dure et froide de visage, repr�sentait, pour la soci�t� de province, un type de distinction parisienne. On accordait � madame G�rard la r�putation de la femme la plus spirituelle du d�partement. Elle avait pris l'initiative de la charit� et de la philanthropie dans le pays, o� quelques �tablissements de bienfaisance se fond�rent par ses soins. Un pr�tre estim� � Villevieille, M. Euphorbe Doulinet, cur� d'une des paroisses de la ville, �tait son directeur et semblait poss�der une grande influence aux Basses-Tournelles. Les personnes qui furent invit�es chez madame G�rard, et qui lui rendirent des visites, virent toujours dans son salon M. le cur� Doulinet, qui �tait le commensal assidu et respectable de la maison et M. Moreau de Neuville, pr�sident du tribunal de Villevieille, qui passait pour un esprit caustique et un homme de la meilleure compagnie. Ce ne fut que plus tard qu'on fit des r�flexions sur la pr�sence continuelle du pr�sident aux Basses-Tournelles, o� il d�nait presque tous les jours, et l'on remarqua aussi que la nomination de M. de Neuville, � Villevieille, suivit de quelques semaines � peine l'arriv�e des G�rard. On s'int�ressait � une belle jeune fille qui travaillait ordinairement pr�s de la table, dans l'ombre de l'abat-jour, et � un gros gar�on de vingt ans, plein de sant�, qui ne disait jamais rien quand il y avait des �trangers. On admirait le talent musical de mademoiselle Henriette G�rard, et on louait la modestie de son fr�re Aristide.