De l'appropriation en traduction
Auteur : Caroline Pascal
Date de publication : 1998
Ăditeur : Ă©diteur inconnu
Nombre de pages : 506
Résumé du livre
AprĂšs de multiples travaux sur la traduction, celui-ci cherche Ă s'inscrire dans une dĂ©marche nouvelle consistant, ni Ă Ă©valuer le degrĂ© de possibilitĂ© de la traduction, ni Ă juger de la rĂ©ussite d'un texte traduit, mais Ă essayer de cerner les mĂ©canismes de l'opĂ©ration de traduire. A travers huit traductions françaises, Ă©talĂ©es dans le temps, d'un seul texte original, la vida de Lazarillo de Tormes, y de sus fortunas y adversidades (1554), des Ă©carts rĂ©currents, dus ni Ă des contraintes linguistiques ni Ă des caractĂ©ristiques du texte espagnol, ont permis de dĂ©crire les principes sur lesquels repose l'opĂ©ration de traduire : correction, explicitation, Ă©lucidation et Ă©dulcoration. Ces quatre principes sont les fondements d'une dĂ©marche qualifiĂ©e "d'orthonymique" qui restitue le texte tel que tout utilisateur de la langue d'arrivĂ©e aurait pu l'Ă©crire, sans tenir compte des caractĂ©ristiques du texte original. Dans cette optique, le traducteur ne cherche pas Ă traduire le texte mais la reprĂ©sentation convoquĂ©e par celui-ci; il prĂȘte attention aux choses et non aux mots. Or, d'une part, cette reprĂ©sentation n'est pas forcement unique ou complĂšte et d'autre part, elle est le fruit d'une lecture, de l'expĂ©rience de chaque lecteur, et cela conduit le traducteur Ă transmettre plus souvent sa propre lecture que le texte lui-mĂȘme. La reprĂ©sentation convoquĂ©e par le texte traduit est en effet un agrĂ©gat d'Ă©lĂ©ments transmis par le texte Ă traduire et d'Ă©lĂ©ments rajoutĂ©s par le traducteur. Parmi ceux-ci, il s'en trouve certains suggĂ©rĂ©s par l'habitude linguistique de son groupe d'appartenance et d'autres par sa propre expĂ©rience. Selon que prĂ©dominent les uns ou les autres, le texte traduit montrera les divers degrĂ©s d'appropriation possibles. Ce concept d'appropriation se rĂ©vĂšle ĂȘtre la pierre de touche de l'opĂ©ration de traduire, grĂące auquel il devient possible de distinguer ce qui mĂ©rite l'appellation de traduction et ce qui rĂ©pond plutĂŽt aux critĂšres de l'adaptation.