Les mots

Les mots

Auteur : Leslie Kaplan

Date de publication : 2011-04-12

Éditeur : publie.net

Nombre de pages : 57

Résumé du livre

les mots, nous habitons dedans
mais cela peut toujours ĂȘtre
comme dans une usine
ou comme dans une prison
ou comme dans un asile
l’ordre du langage est toujours menacĂ©
il peut toujours ĂȘtre excĂ©dĂ©
par quelque chose
qui viendrait
du dehors
l’anĂ©antir
en tant que demeure
humaine
le langage est fondé
sur ce qui se passe
entre les mots
si cet entre-mots
tombe
alors
désastre
la violence

Voici trois mots : littérature, écriture, société.

La relation entre les trois est complexe, Ă©videmment. On peut les associer par deux, et contourner le troisiĂšme : alors tout va bien. Mais il y a des oeuvres qui s’obstinent Ă  vouloir rĂ©sonner entre ces trois pĂŽles.

Oeuvres d’inquiĂ©tude, oeuvres de colĂšre, oeuvres en permanent chemin vers le dĂ©chiffrement du monde, Ă  force de langue.

Le travail de Leslie Kaplan s’insĂšre ici depuis le dĂ©but, L’excĂšs l’usine (1982) et Le livre des ciels (1984).

Et, dans cette tension permanente entre ces trois mots, quand on dĂ©cide d’y inscrire Ă  la fois son esthĂ©tique, et son cheminement narratif, d’autres exigences : la lecture et l’expĂ©rience des oeuvres – ici, Hannah Arendt, Franz Kafka, ou le Bartleby de Melville. Et la confrontation directe de la parole au monde : Leslie Kaplan intervient dans la pĂ©riphĂ©rie de Paris, aux Lilas prĂ©cisĂ©ment, et les Ă©changes, les images, sĂ©dimentent ici.

Ainsi, avec ce forage oral vers ces trois mots (nous avons tous entendu Leslie Kaplan avancer dans ces prises de parole oĂč le blanc mĂȘme, la coupe de la langue, signe la mise en abĂźme par l’oralitĂ©), et les deux autres textes qui suivent, sur la consommation, capable de manger les trois premiers, et sur l’idĂ©e de libertĂ© (magnifique dĂ©clinaison de figures humaines libres...), c’est bien d’une politique de la littĂ©rature qu’il est question : rien de confortable. Mais, dans cette mise en travail qui ne laisse pas indemne, ni son auteur ni son lecteur, mais bien plus profondĂ©ment la reprĂ©sentation du monde immĂ©diat, pourtant ici dans ses cinĂ©tiques, ses cadrages, ses lois de pouvoir et d’argent, la langue se revalide comme horizon, et s’impose (ou ce chemin, ce travail) comme nĂ©cessaire.

Merci Ă  Leslie Kaplan de nous confier ces textes, dĂ©jĂ  proposĂ©s dans la magnifique expĂ©rience d’édition qu’a Ă©tĂ© Inventaire/Invention, et oĂč on recroisera oĂč prolongera l’oeuvre publiĂ©e chez POL, notamment Le Psychanalyste, Les Outils, Miss Nobody Knows...

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