Les abbayes féminines dans le Nord-Est de la Gaule, du 6ème au 10ème siècle
Auteur : Michèle Gaillard (docteur en histoire antique).)
Date de publication : 1986
Éditeur : Non disponible
Nombre de pages : 566
Résumé du livre
Cette étude commence au 6ème siècle, car les plus anciennes abbayes féminines connues, dans le nord-est de la Gaule, ont été fondées dans la deuxième moitié de ce siècle. La plupart furent créées dès le 7ème siècle et souvent par des femmes. La personnalité de leur fondatrice et souvent première abbesse fut décisive dans le mode de vie primitif de ces abbayes à tel point qu'il est impossible de définir, avant le 9ème siècle une stricte observance de la règle bénédictine ni même de la règle colombienne. La fortune de ces abbayes a évolué en fonction du devenir politique de la famille des fondateurs. Beaucoup d'entre elles restèrent peu peuplées et peu dotées tandis que d'autres s'élevaient au rang d'abbayes royales. Conçues dès leur fondation comme des refuges de prière à l'abri du monde, elles se trouvèrent souvent à leur insu impliquées dans les querelles politiques du temps. Elles durent aussi lutter pour protéger leur patrimoine. Le concile d’Aix (817) apparait comme une reconnaissance officielle du monachisme féminin car il se préoccupe des règles qui doivent être suivies dans ces monastères. Mais ses décisions sont encore ambiguës : on impose aux moniales le choix entre deux règles écrites pour les hommes et par les hommes, celle de Saint Benoit et celle, adaptée, des chanoines. Le monachisme féminin se trouve des lors déchire entre deux observances qui ne lui permettent pas d'affirmer sa spécificité. Cette étude prend fin au 10ème siècle avant que les grands mouvements de réforme monastique (Cluny) ne viennent bouleverser et restructurer le monachisme.