La Femme du physiologiste

La Femme du physiologiste

Auteur : Arthur Conan Doyle

Date de publication : 2018-08-06

Éditeur : Editions du Jasmin

Nombre de pages : 64

Résumé du livre

Un scientifique du XIXe va découvrir l'amour !

Rationaliste convaincu, le professeur Ainslie Grey ne jure que par la science. Pour lui, les sentiments, les Ă©motions, l’amour ne sont que des manifestations physiques ou chimiques d’états naturels : l’espĂšce doit se perpĂ©tuer et l’instinct y veille.
AveuglĂ© par ses convictions, le professeur apprendra Ă  ses dĂ©pens qu’on ne peut pas ignorer sa propre sensibilitĂ©.

Plongez dans une nouvelle intriguante et découvrez l'histoire d'un rationaliste qui apprend, à ses dépens, qu'on ne peut pas ignorer sa propre sensiblité.

EXTRAIT

Son cours terminĂ©, le professeur Ainslie Grey fit une visite Ă  son laboratoire, oĂč il rĂ©gla plusieurs instruments scientifiques, rĂ©digea une note sur les progrĂšs de trois infusions diffĂ©rentes de bactĂ©ries, coupa une demi-douzaine de sections, avec un microtome, et finalement, rĂ©solut les difficultĂ©s qui arrĂȘtaient sept Ă©tudiants qui se livraient Ă  des recherches sur autant de sujets diffĂ©rents. Ayant ainsi consciencieusement et mĂ©thodiquement menĂ© Ă  terme ses obligations routiniĂšres, il revint Ă  sa voiture et ordonna au cocher de le conduire aux Tilleuls. Pendant cette course, son visage Ă©tait froid et impassible, mais il passait de temps en temps ses doigts sur son menton proĂ©minent, d’un mouvement brusque et saccadĂ©.
Les Tilleuls étaient une maison de style ancien, tapissée de lierre, qui se trouvait autrefois dans la campagne, mais qui était maintenant enclavée dans la longue artÚre de briques rouges de la cité agrandie.
Elle se trouvait en arriĂšre de l’avenue entourĂ©e de son propre terrain. Un sentier sinueux, bordĂ© de buissons de lauriers, conduisait Ă  l’entrĂ©e formĂ©e d’un portique en arcades. À droite, s’étendait une pelouse. Au fond, Ă  l’ombre d’aubĂ©pines, une dame Ă©tait assise sur une chaise de jardin, un livre Ă  la main. Au cliquetis de la porte, elle fit un mouvement, et le professeur, l’apercevant, se dirigea vers elle.
« Quoi ! ne voulez-vous pas entrer et voir Mrs. Esdaile ? » demanda-t-elle en quittant l’ombrage de l’arbre.
C’était une petite femme trĂšs fĂ©minine, depuis les abondantes boucles de cheveux aux teintes claires jusqu’aux Ă©lĂ©gantes pantoufles de jardin qui se laissaient apercevoir sous sa toilette couleur crĂšme. Elle lui tendit une petite main bien gantĂ©e, tandis que de l’autre elle serrait contre elle un gros volume Ă  couverture verte. Sa dĂ©cision, ses maniĂšres vives, pleines de tact, Ă©nonçaient la femme du monde expĂ©rimentĂ©e, mais son visage avait conservĂ© une expression d’innocence presque enfantine, dans ses grands yeux gris, hardis. Sa bouche dĂ©licate avait une moue moqueuse.

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