Utilisation et interprétation des dosages de troponines cardiaques ultrasensibles dans la vraie vie
Auteur : Marie Feugas
Date de publication : 2019
Éditeur : Non disponible
Nombre de pages : Non disponible
Résumé du livre
L'utilisation aveugle de tests de troponines cardiaques (cTn) entraîne des difficultés dans l'interprétation clinique et la prise en charge du patient face à des résultats élevés. Objectif : décrire et analyser les conditions et motifs de dosage de cTn dans la pratique quotidienne d'un hôpital, les résultats, leur valeur diagnostique et l'impact qu'ils ont eu sur la prise en charge du patient, surtout chez ceux ne présentant pas d'IDM. Méthodes : étude observationnelle de cohorte, rétrospective, sur 508 patients ayant bénéficié d'au moins un dosage de cTnI HS au CHGM, quel que soit le motif, la valeur ou le service, pendant 30 jours. Nous avons étudié les résultats des dosages, caractéristiques du dosage et du patient, prévalence et facteurs associés à l'élévation de cTn, motifs de dosage, diagnostics finaux associés ainsi que la prise en charge du patient suite au dosage de cTn. Les patients étaient classés par niveaux d'élévation de cTn ou par étiologie (IDM type 1, 2, dommage myocardique). Résultats: 22,4% des dosages sont élevés, la majorité avec une valeur faible (62,3%). Une cTn élevée correspond à un diagnostic non cardiovasculaire dans 61% des cas, 73,7% des cTn élevées ne correspondent pas à une ischémie myocardique, surtout pour de faibles valeurs. Un quart des cTn élevées est dosé dans des conditions pré-test de SCA faibles, ce qui ne correspond jamais à un diagnostic de SCA in fine. Hors valeurs très élevées et diagnostic d'IDM de type 1, l'élévation de cTn est peu associée à une prise en charge cardiologique spécifique (traitement,coronarographie,suivi cardio),voire à aucune pour 20% des groupes dommage myocardique et IDM de type 2. Mais le recours à l'imagerie (ETT), au spécialiste du CHGM ou à l'hospitalisation au CHGM sont plus importants. Conclusion : la plupart des élévations de cTn sont faibles et correspondent à un dommage myocardique donc à un « faux positif » en matière de diagnostic d'IDM et n'entraînent pas de prise en charge cardiologique spécifique.