Contingence, ironie et solidarité
Auteur : Richard Rorty
Date de publication : 1993
Éditeur : A. Colin
Nombre de pages : 276
Résumé du livre
Dans son livre Contingence, ironie et solidarité , Richard Rorty développe les acquis du pragmatisme, du moins tel qu'il conçoit celui-ci , jusqu'à leurs conséquences ultimes. Considérant qu'on ne peut transcender le langage dans ou par le langage et que par conséquent on ne peut donner du monde et de sa soi-disant réalité que des interprétations médiées et limitées par les ressources langagières, il en vient à la conclusion que les notions de vérité, d'universalisme, d'objectivité ne sont que des métaphores qui servent à exprimer une vision du monde parmi d'autres, mais qui n'ont en soi aucune valeur indépendante de leur contexte de naissance. Rorty remet en cause toute position extérieure à la communauté linguistique d'appartenance qui permettrait de conserver à la vérité quelque transcendance que ce soit. Il remet donc en cause tout réalisme, qu'il assimile à des restes de platonisme. « Il n'y a rien en dehors du langage, sinon du langage, lequel n'a de comptes à rendre qu'à lui-même. » Rorty se refuse à faire un saut dans l'objectivité et réduit strictement la vérité à l'assertabilité garantie. Le vrai n'est rien d'autre que ce qui peut être justifié au sein d'une communauté particulière. Il n'est donc pas question d'envisager comme Habermas une quelconque communauté idéale qui serait l'horizon commun de procédures argumentatives, ni même une forme de rationalité qui dépasserait les frontières particulières en direction d'une communauté universelle. D'ailleurs le but des justifications n'est pas de s'approcher de la « vérité » : les justifications poursuivent une quantité de buts particuliers, mais il n'y a pas un but supérieur aux autres et qui serait « la recherche de la vérité », car cette recherche devrait de toute façon se faire par le biais du langage : on retombe donc dans la contingence propre à tout langage. « Il existerait une justification ultime », précise Rorty dans L'espoir au lieu du savoir, « si et seulement s'il s'agissait d'une justification devant dieu ou devant le tribunal de la raison »