Le silence du monde

Le silence du monde

Auteur : Jean-Philippe Cazier

Date de publication : 2009-06-29

Éditeur : publie.net

Nombre de pages : 89

Résumé du livre

Pour Jean-Philippe Cazier, l’écriture poĂ©tique est d’abord la trace de son expĂ©rience.

C’est cette expĂ©rience qu’il s’agit de fonder, la part volontaire de risque, la part dĂ©libĂ©rĂ©e et intentionnelle du chemin pris, oĂč on scrutera le corps, le mental et le monde – et bien sĂ»r pas d’autre outil, pour prendre ici Ă©cart et savoir, ou seulement transcrire, que s’appuyer sur le fil extrĂȘme de la poĂ©sie, de Hölderlin Ă  Celan, par Artaud.

Et c’est pour affronter cette limite qu’on recourt aussi Ă  l’arsenal de la pensĂ©e-limite (puisque GhĂ©rasim Luca est aussi une des bornes les plus actives de cet univers), et donc la philosophie : elle ne dĂ©termine pas l’écriture, elle sous-tend son saut.

Nous présentons simultanément trois ensembles de Jean-Philippe Cazier :
Écrires, prĂ©cĂ©dĂ© de PoĂ©monder a Ă©tĂ© publiĂ© en 2004 par Inventaire/Invention. PoĂ©monder est un texte d’un seul tenant, interrogeant les dettes, provoquant la langue, cherchant Ă  cerner le territoire de l’expĂ©rience poĂ©tique (en entier dans l’extrait en lecture libre). Écrires est une suite de textes brefs rĂ©sultant de cette expĂ©rience, dans la tension d’entre le mental et le monde – phrases interrompues, mises en parenthĂšses comme d’élision du mouvement mĂȘme d’écrire... Hommage Ă  Patrick Cahuzac d’avoir pris le premier le risque de cette publication, dont il nous semble important d’assurer la permanence.
C’est pourtant Joseph K. qui est lĂ , rĂ©fĂ©rence Ă  Kafka explicite dĂšs le titre, pourquoi ? C’est le Journal de Kafka qu’on interroge : sa façon obstinĂ©e de reprendre l’écriture jour aprĂšs jour. Et, quand on n’a pas de prise sur le monde, ou sur le rĂ©cit, qu’on n’a pas visage ou matiĂšre, c’est de cette difficultĂ© Ă  Ă©crire qu’on se saisit : Jean-Philippe Cazier s’assigne cette Ă©criture permanente au mĂȘme point, et s’y mĂȘlent alors les autres strates du Journal de Kafka. On sait qu’une grande partie des personnes qu’il cite, Ă  commencer par ses soeurs, disparaĂźtront dans la honte d’Auschwitz. Comment l’écriture alors pourrait se dĂ©prendre de ce qu’on porte chacun, aprĂšs Auschwitz, de judaĂŻtĂ© ? C’est toute l’étrangetĂ© de ce texte, entre rĂ©cit, mĂ©moire, expĂ©rience d’écriture, et le portrait en filigrane, de plus en plus insistant Ă  mesure qu’on avance, de Franz Kafka.
Le silence du monde : non plus l’écriture de poĂ©sie, mais Ă©criture de ce qu’on lit, travaille, apprend, hĂ©rite. Une longue accumulation de trĂšs denses fragments sur la poĂ©sie et son dehors, sur la voix et le silence, sur l’affrontement du monde et...

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