L’hypothèse

L’hypothèse

Auteur : Eric Rondepierre

Date de publication : 2009-10-16

Éditeur : publie.net

Nombre de pages : 56

Résumé du livre

Le film est une ville de signes, de formes, de lumières, il n’est pas impossible que s’y déroule dans l’image une vie où entre en jeu ces éléments. Mais ce n’est pas là ce qui me charme dans l’hypothèse du film. Je suppose que celle-ci constamment va naître, est née, va mourir, est morte : qu’elle est un enchevêtrement maniéré de tombes et de berceaux.
Éric Rondepierre (extrait)
Qu’est ce qui demeure dans une image quand on la prive de mouvement ? Et qu’on la garde, ainsi déplacée dans l’immobile d’une page, récit coupé du monde ? Qu’on la regarde enfin, et qu’on l’écrive, dans l’espace manquant entre le film et ce qui lui donnerait sens ? Le travail de Rondepierre, en décapant les formes mortes du film, prélève et travaille l’image du cinéma non comme une image prélevée seulement, mais manquante : manque du film autour, manque de l’image qui pourrait achever le film (le mettre à mort).
L’Hypothèse que propose Rondepierre à la collection Portfolio de publie.net (et c’est pour nous marque de confiance et d’encouragement que nous fait l’artiste en confiant ce travail à cette jeune collection) est traversée fulgurante à la fois d’un travail personnel entrepris depuis près de vingt ans, et traversée diffuse de ce qu’on aimerait nommer histoire(s) du cinéma, si le titre n’avait pas déjà été celui utilisé il y a quelques années par Godard. Traversée non pas latérale, mais en profondeur, dans les entrailles de ce qui fait l’image et défait le récit cinématographique : le montage, la ligne, le mouvement. Traversée non de son histoire, mais des histoires que dépose chaque image d’un film qui dirait l’histoire même de l’origine de l’image. Traversée de chaque image, fouillée, éventrée, creusée d’autres images sans doute, dans l’excédent apporté de la griffure ou de l’exposition : creuset multiple des morts et des renaissances qui peuplent l’image.
Sur un espace court et puissamment dominé, ce que l’artiste traverse également, c’est son propre regard devant l’image cinématographique, et c’est l’écriture qui en retour recueille ce regard pour l’écrire littéralement, déterminer ce qui, entre le regard et l’image manque aussi. Si on a voulu que cette collection joue l’articulation d’un travail plastique et d’un travail d’écriture, Eric Rondepierre travaille précisément la plasticité de l’écriture dans les réseaux secrets constitués entre chaque page, et l’écriture de l’image dans ce qu’elle peut raconter, isolément.
L’hypothèse d’un manque à partir de laquelle se...

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