Les solidarités rurales
Auteur : Antoine Follain
Date de publication : 1993
Éditeur : Non disponible
Nombre de pages : 2762
Résumé du livre
Structure de sociabilité ou pouvoir impose au sein du village? La communauté rurale est ambivalente et dans son histoire la liberté de l'adhésion ou l'obligation d'être enrôlé jouent tour à tour; engagement en faveur de l'intérêt public et repli sur son privé sont deux attitudes possibles. Cette communauté est constamment perturbée par des phénomènes de déstructuration (concurrence ou association d'autres structures, servitudes collectives excessives, évolution socio-économique) et restructuration (convivialité, opposition excessives, évolution socio-économique) et restructuration (convivialité, opposition collective, servitudes modérées). En Normandie, l'identité communautaire s'est forgée depuis le Moyen-âge dans le cadre paroissial, ignorant la seigneurie. L'opposition au seigneur est secondaire, les normands étant libres avant tous les autres. Ainsi, à l'époque moderne, les institutions de gouvernement échappent à l'autorité seigneuriale et les droits seigneuriaux sont modérés. Mais l'aristocratie n'a pas d'intérêt à protéger du fisc les communautés normandes, qui sont dès le 15 siècle les plus imposées du royaume. La communauté paroissiale est surtout opposée à l'Etat, renforcée par la solidarité fiscale et la plus petite possible pour mieux partager les servitudes (640 hectares et environ 80 feux). Serrée autour de son église, elle est très vivante et structurée. Ses institutions sont partout en place au 16 siècle et résistent jusqu'en 1787 (assemblée générale ne déléguant aucune responsabilité, comptabilité rigoureuse, trésorier-marguillier-syndic élu régulièrement). Le système financier repose sur des auto-impositions (affaires extraordinaires), les trésors (toutes affaires ordinaires) et les charités. A cause de leur petite taille, ces communautés n'ont des