La peau et le toucher dans l'œuvre de Nathalie Sarraute
Auteur : Nathalie de Courson
Date de publication : 2003
Éditeur : Non disponible
Nombre de pages : 372
Résumé du livre
L'œuvre de Nathalie Sarraute nous invite à explorer la littérature à l'aide de la métaphore de la peau et du toucher. Nombre d'écrivains modernes, après avoir détruit l'enveloppe du personnage, malmènent leur propre épiderme, s'irritent, s'écorchent. La question du toucher rejoint également celle de la distance de l'écrivain au monde, sa manière d'approcher, d'effleurer ou d'étreindre une réalité. Les mots sont à la fois les organes de cet autre tact et la matière première que l'écrivain manipule. Nathalie Sarraute est à cet égard exemplaire : son écriture, liée à une expérience archai͏̈que intime et douloureuse, possédée de l'intense besoin de ressaisir un " cela " fuyant qui s'est un jour enfoncé, développe une thématique de la peau et une poétique du toucher. " Maman a la peau d'un singe " : l'idée est une écharde ou un dard qui déchirent la peau de maman, de l'enfant, du personnage romanesque, de la personne. De même, le tropisme gratte, cogne, pénètre et met en pièces. Le travail littéraire est perçu ici comme un ensemble de gestes destinés à palper l'impalpable et à mettre le dedans dehors : gestes de décollement, d'arrachement, de retournement et de dépliement, qui, accompagnés de recollements, de colmatages et de repliements, donnent à l'écriture sarrautienne son rythme propre. Cependant cette œuvre mouvante est entourée d'une muraille protectrice qui barre l'accès de la critique, exigeant la totale adhésion d'un lecteur " cramponné ". Avec Nathalie Sarraute, nous parlons d'un toucher qui est un corps à corps de l'écrivain et de sa matière, de l'œuvre et de son lecteur, pour poser en termes organiques la question de la création et de la sensibilité littéraires.