Études portant sur le turbellarié Urastoma Cyprinae et son rapport avec l'huître crassostrea virginica
Auteur : Nicole T. Brun
Date de publication : 1999
Éditeur : Département de biologie, Université de Moncton
Nombre de pages : 226
Résumé du livre
"Le turbellarié Urastoma cyprinae est retrouvé sur les branchies de plusieurs espèces de mollusques bivalves. Au Canada atlantique, ce 'ver des branchies' est le plus souvent observé chez l'huître Crassostrea virginica. Des études récentes ont démontré que U. cyprinae est capable d'induire une réaction pathologique au niveau des branchies de son hôte. Ces constatations laissent entendre que le ver est plus qu'un simple commensal, contrairement à ce qui a été suggéré par certains auteurs. Afin de mieux comprendre la nature de la relation et les dynamiques d'interactions entre U. cyprinae et l'huître, des études comportementales, quantitatives et biochimiques ont été entreprises. Pour déterminer le degré d'attraction de U. cyprinae envers l'huître, une expérience sur le terrain, ainsi qu'une série d'expériences au laboratoire ont été menées. Les résultats démontrent que U. cyprinae est très attiré envers les huîtres, indiquant que sa présence dans cet hôte reflète plus qu'un hasard. D'autant plus, le ver est attiré spécifiquement au mucus sécrété par les branchies de l'huître. Ces résultats s'accordent avec l'idée avancée par Fleming (1986), qui suggère que le mucus joue un rôle dans l'alimentation du ver. Une étude quantitative a été effectuée afin d'examiner la distribution de U. cyprinae sur les branchies de l'huître en tenant compte des caractéristiques physiques du mucus sur des régions branchiales spécifiques, soient les zones dorsales, médianes et ventrales. Les résultats montrent que, bien que U. cyprinae est distribué sur toute la surface branchiale, les vers sont le plus souvent retrouvés le long du sillon dorsal, c'est-à-dire dans les zones dorsales des branchies. Plusieurs hypothèses sont avancées afin d'expliquer ces résultats. Le mucus du sillon dorsal est moins visqueux que celui de la zone ventrale. II en résulte donc que le mucus du sillon dorsal est plus accessible pour les activités du ver. De plus, si le tégument joue un rôle dans le transfert des nutriments entre le corps du ver et le milieu extérieur, tel que suggéré par certains auteurs, les régions dorsales permettraient un contact plus intime entre le corps de U. cyprinae et le flux du mucus. D'ailleurs, si II. cyprinae ne se nourrit pas uniquement du mucus mais aussi des particules capturées dans cette substance, la préférence de U. cyprinae pour les zones dorsales, où les particules présentes sont de qualité nutritive importante serait compréhensible. Finalement, des études biochimiques ont été menées afin d'examiner s'il y a des changements dans l'activité protéolytique du mucus branchial de l'huître en réponse à la présence de U. cyprinae. Une expérience comparant l'activité enzymatique du mucus provenant d'huîtres infectées et non infectées par U. cyprinae démontre qu'il y a une inhibition de l'activité protéolytique dans les échantillons de mucus provenant d'huîtres infectées. Une deuxième expérience comparant les profiles enzymatiques du mucus incubé avec des vers 'nourris' et des vers 'a jeun' indique qu'il y a des changements importants dans l'activité protéolytique du mucus incubé avec les vers 'à jeun'. Ces observations suggèrent que l'activité enzymatique du mucus branchial est affecté par U. cyprinae. Bien que les sources et les rôles précis de ces protéases n'ont pas été définis à partir de nos études, les résultats confirment qu'il y a des changements biochimiques qui pourraient peut-être être reliés à desactivités de digestion de la part de U. cyprinae."--Résumé.