La collaboration dans le secteur spatial canadien
Auteur : Annie Martin
Date de publication : 2016
Éditeur : École polytechnique de Montréal
Nombre de pages : 336
Résumé du livre
Dans cette ère de l'économie du savoir, l'innovation technologique est un important moteur de croissance et les facteurs de compétitivité et de productivité qui y sont reliés sont d'autant plus dépendants des capacités à innover. Les acteurs des systèmes d'innovation repoussent sans cesse les limites de l'état de l'art, et les avancées techniques et technologiques se basent sur la création de connaissances, mais aussi sur leur diffusion et transfert. Les sciences et les technologies coexistent et se nourrissent l'une de l'autre pour augmenter et accélérer les processus d'innovation. Cette interface entre la science et la technologie s'apparente souvent à cette délimitation que l'on observe entre les universités et les entreprises privées. Depuis plusieurs décennies, la collaboration université-industrie a démontré un impact certain sur l'émergence de nouvelles technologies radicales, sur la création de projets, et sur l'apport de solution à des problèmes techniques de l'industrie, pour ne nommer que quelques exemples (Cohen et al., 2002; Kaufmann et Todtling, 2001). Stimuler l'innovation par le biais de collaborations interorganisationnelles est un concept mis de l'avant par plusieurs, dont le Programme d'innovation du Canada par le gouvernement canadien (2016) qui exprime la nécessité des échanges entre les secteurs universitaire et industriel pour soutenir et stimuler les activités innovantes. Une des recommandations du rapport Emerson sur l'Examen du secteur aérospatial (2012) abonde dans le même sens avec sa recommandation de faciliter la communication et la collaboration entre les entreprises, les chercheurs et les établissements d'enseignement supérieur. Dans le cadre de projets spatiaux, la collaboration du gouvernement est aussi importante puisque ce secteur est grandement contrôlé par celui-ci (Szajnfarber et Weigel, 2010) sans compter qu'il détient certes une expertise considérable. Ce contrôle gouvernemental s'explique entre autres par le fait qu'il est le principal acteur en matière de financement de projets spatiaux, en plus d'être dans bien des cas le principal client. Finalement, les politiques nationales et internationales impliquent le gouvernement canadien comme interface de premier plan. Les collaborations interorganisationnelles sont donc bien souvent définies comme un objectif en soi dans le cadre de programmes gouvernementaux voire un prérequis pour la durabilité de ces programmes. Il n'est donc pas étonnant de constater l'accent mis sur les collaborations entre les universités, les entreprises privées et le gouvernement dans les documents du Gouvernement du Canada (par exemple dans le cadre de la politique spatiale du Canada, et du rapport sur les plans et les priorités de l'Agence spatiale canadienne (ASC)). Il demeure toutefois difficile de mesurer l'état des pratiques collaboratives considérant les extrants multiples et les limites d'accès à certaines données. Le but principal de cette étude est d'explorer les tendances de collaboration dans le secteur spatial au Canada à l'aide de données accessibles publiquement, soit les publications scientifiques et un sondage distribué aux acteurs canadiens du secteur privé et des universités. Trois disciplines ont été utilisées à titre d'études de cas afin d'explorer l'utilisation de la méthodologie proposée pour analyser les activités de collaborations dans trois disciplines d'intérêt pour le Canada, soit l'observation de la Terre avec Radarsat, la médecine et les sciences de la vie ainsi que la robotique spatiale. Les indicateurs mesurés ayant trait à la productivité, à la structure des réseaux, au positionnement des auteurs ainsi qu'aux habitudes de collaborations ont permis de tracer un portrait des collaborations et de quantifier et qualifier les liens qui unissent les diverses parties prenantes. Bien que les variables utilisées n'adressent qu'une portion des collaborations potentielles, cette étude exploratoire démontre la pertinence de l'utilisation d'une méthodologie permettant de faire ressortir des faits saillants qui caractérisent les activités de recherche et d'innovation en spatial au Canada. Les résultats obtenus présentent les caractéristiques et la structure des réseaux en recherche et innovation spatiale au Canada en soulignant les différences et similitudes des études de cas choisies.