La Morale Laïque
Auteur : Émile Beaussire
Date de publication : 2016-05
Éditeur : CreateSpace Independent Publishing Platform
Nombre de pages : 48
Résumé du livre
" La conception d'une morale naturelle, sans caract�re sacerdotal, est n�e avec le premier �veil de la pens�e philosophique. Celui qui le premier a commenc� � r�fl�chir sur le monde et sur lui-m�me, a r�fl�chi n�cessairement sur le bien et le mal ; il a interrog� sa conscience, il a cherch� � se rendre compte des devoirs qui lui �taient impos�s au nom d'une autorit� ext�rieure. Les plus anciens monuments de la sagesse humaine sont des pr�ceptes ou des principes de morale, conserv�s par la tradition, recueillis par la po�sie, fix�s sur la pierre sous la forme de sentences, d'all�gories ou d'apologues. Les l�gislations primitives se sont appropri� ces principes et ces pr�ceptes ; les syst�mes philosophiques les ont rassembl�s en corps de doctrines ; les religions elles-m�mes les ont vus se produire sans jalousie et leur ont donn� place dans leurs enseignements. Les religions les plus �clair�es acceptent et proclament la distinction de la morale naturelle et de la morale th�ologique. Si elles se font juges de la premi�re, au nom des lumi�res sup�rieures qu'elles s'attribuent, elles n'h�sitent pas � lui faire appel, � la prendre en quelque sorte pour arbitre dans leurs querelles avec leurs adversaires. C'est sur le terrain de la morale que la raison et la foi ont toujours eu le moins de peine � se mettre d'accord. Il y a pour tous les hommes d'une m�me civilisation un fonds d'id�es morales universellement respect�, qu'aucune philosophie, aucune l�gislation, aucune religion n'ose contredire ouvertement. Non pas que ce fonds soit immuable : il se modifie avec la civilisation elle-m�me et un esprit un peu p�n�trant saura reconna�tre d'assez profondes divergences entre les jugements moraux qui pr�valent chez une m�me nation, � deux �poques diff�rentes, ou, � une m�me �poque, chez deux nations in�galement cultiv�es. L'�volution toutefois est assez lente et assez peu sensible pour ne pas �branler la croyance � l'immutabilit� de la morale et le respect g�n�ral qui trouve dans cette croyance un de ses principaux fondements. Exer�ant leur empire dans un m�me milieu, subissant plus ou moins les m�mes influences, entra�n�es � leur insu dans une �volution commune, la morale naturelle et la morale th�ologique se r�unissent le plus souvent dans les m�mes pr�ceptes, et elles ont un �gal int�r�t � proclamer, parfois m�me � exag�rer leur accord. L'une et l'autre sentent en effet combien importe � leur autorit� l'adh�sion unanime des consciences..."