“Le” laboratoire du poéte
Auteur : Anne Elisabeth Halpern
Date de publication : 1996
Éditeur : Non disponible
Nombre de pages : Non disponible
Résumé du livre
Ce travail interroge les liens existant entre les savoirs scientifiques auxquels henri michaux fait souvent reference, et la poesie. La science apporte des preuves tangibles de savoirs, des demarches cognitives que michaux applique a sa creation artistique. L'experimentation concerne d'abord le corps du poete, parfois aidee par la drogue. Les protocoles experimentaux servent aussi a elaborer une histoire naturelle revivifiee. Mais les preuves de la science sont insuffisantes et mises alors a l'epreuve. La caricature des lois scientifiques, l'expose des pratiques teratogenes des savants contestent les outils d'investigation, le savoir etant son propre obstacle epistemologique. Pourtant le poete triomphe de cette crise par une transmutation originale des acquis de la science moderne. Le principe physique de la discontinuite surtout est integre a une poetique "quantique" dont la folie constitue un paradigme. La peinture oeuvre a la deconstruction signifiante, comme l'ecriture poetique, court-circuitant le litteraire, redefinit le fragment comme pratique quantique. Mais la physique atomique dit egalement l'interaction : michaux transfigurerait alors le morcellement par une poetique de l'interaction. La reference de michaux aux savoirs scientifiques est donc une poetique renouvelant la definition de la poesie moderne : l'impossibilite pour elle desormais de s'en tenir a une stricte litterarite