Berlin, Bucarest-Budapest : Budapest-Bucarest
Auteur : Gonçalo M. Tavares
Date de publication : 2016-09-07
Ăditeur : La Contre AllĂ©e
Nombre de pages : 96
Résumé du livre
Des personnages ordinaires aux prises avec le passé.
Avec une grande libertĂ© formelle, Tavares nous entraĂźne dans un voyage oĂč nous suivons dâabord Martha, une jeune fille borderline, au fil de ses errements dans Berlin, pour assister ensuite au transport dâune statue monumentale de LĂ©nine, de Bucarest jusquâĂ Budapest, tandis quâun violoniste rapatrie dans le trajet inverse le corps putrĂ©fiĂ© de sa mĂšre...
Un diptyque qui nous expose sans relùche aux tiraillements du choix et à la difficulté de dépasser les frontiÚres quelles que soient leurs formes.
DĂ©couvrez sans plus tarder l'Ćuvre dĂ©calĂ©e d'un digne reprĂ©sentant de la littĂ©rature portugaise contemporaine !
EXTRAIT
ArrivĂ©es de Budapest. Deux silhouettes, la nuit. Deux taches sombres sur une grande tache sombre. Mais les deux taches sombres agissent, elles ont un objectif ; alors que, pour la nuit â la grande tache sombre â, tout indique que ce nâest pas le cas ; elle nâa pas dâobjectif.
Ils commencent par faire sauter le cadenas. La serrure de la porte de lâentrepĂŽt est solide. Ils utilisent le feu. Ensuite, un coup dâĂ©paule enthousiaste, deux corps contre la porte haute et large, mais dĂ©barrassĂ©e de sa serrure. Pareille Ă une personne sans dĂ©fense : une grande porte sans dĂ©fense ; une serrure brisĂ©e.
Les deux hommes pĂ©nĂštrent dans une obscuritĂ© nouvelle, une obscuritĂ© plus petite, fermĂ©e, ordonnĂ©e. Dans la nuit, mais Ă lâextĂ©rieur de la nuit.
Ils savent bien ce quâils cherchent, les deux hommes. De nombreux objets sont stockĂ©s dans lâentrepĂŽt, mais les deux hommes ne sont pas lĂ pour visiter, ils ne sont pas perdus. Ils savent ce quâils veulent. Et ce quâils veulent se trouve ici-mĂȘme.
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
Ses romans, baignant dans une atmosphĂšre rarĂ©fiĂ©e, abstraite, ont la rigueur dâĂ©pure et la prĂ©sence charnelle dâun Kafka qui contemplerait les catastrophes du siĂšcle Ă©coulĂ© et celles qui sâannoncent avec dĂ©tachement et ironie. - LâHumanitĂ©
Il y a dans cette Ă©criture une part de jeu qui fait glisser le rĂ©cit le plus rĂ©aliste dans une narration et un climat insensiblement dĂ©calĂ©s, sur le fil de lâabsurde et de son théùtre. - Marc Ossorguine, La Cause littĂ©raire
Berlin est une ville palimpseste, celle qui porte sur ses murs, dans ses rues, « lâHistoire, la robuste Histoire, le SiĂšcle et ses grandes enjambĂ©es », elle est cette carte quâĂ©voque Gonçalo M. Tavares dans les premiĂšres pages de son Berlin, Bucarest-Budapest : Budapest-Bucarest, la matĂ©rialisation mobile et fluctuante « des modifications graphiques sur de la pĂąte Ă papier civilisĂ©e et prĂ©parĂ©e Ă recevoir de nouveaux tracĂ©s vigoureux par-dessus de vieux tracĂ©s fragiles ». - Christine Mercandier, Mediapart.
Ă PROPOS DES AUTEURS
NĂ© en 1970, Gonçalo M. Tavares est considĂ©rĂ© comme lâun des plus grands noms de la littĂ©rature portugaise contemporaine. Il a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ© par de nombreux prix nationaux et internationaux dont le Prix Saramago, le Prix Ler/BCP (le plus prestigieux au Portugal), et le Prix Portugal Telecom (au BrĂ©sil). Apprendre Ă prier Ă lâĂšre de la technique (Viviane Hamy, 2010) a reçu le prix du Meilleur Livre Etranger - Hyatt Madeleine 2010.
Dominique NĂ©dellec a Ă©tĂ© responsable du Bureau du livre Ă lâambassade de France en CorĂ©e et chargĂ© de mission au Centre rĂ©gional des lettres de Basse-Normandie, avant de devenir traducteur de portugais depuis 2002. Il est Ă©galement le traducteur de Antonio Lobo Antunes (Mon nom est lĂ©gion, Christian Bourgois, 2011).