Eloge de la clarté
Auteur : Alain Mérot, Emmanuel Starcky, Musée Magnin, Musée de Tessé
Date de publication : 1998
Éditeur : Réunion des musées nationaux
Nombre de pages : 159
Résumé du livre
Il a fallu beaucoup de temps à l'histoire de l'art pour redécouvrir et isoler, à l'intérieur d'un Grand Siècle faussement monolithique, les courants variés, souvent contradictoires, qui le composent. La période qui va de la mort de Richelieu en 1642 au début du règne personnel de Louis XIV, en 1661, restait relativement méconnue. Cet interrègne marqué par l'instabilité politique avec la régence d'Anne d'Autriche, le ministère du cardinal Mazarin et la Fronde, est pourtant très riche sur le plan artistique. Pour s'en aviser, il fallait une histoire de l'art qui ne se satisfît plus de définitions ou d'antinomies schématiques - "baroque" contre "classique". Il fallait, au fond, une micro-histoire, soucieuse d'analyser des conjonctures successives, à la lumière d'études toujours plus précises et ponctuelles. Comme l'écrivait Jacques Thuillier, "cette période, politiquement si troublée [...], voit sous la main de La Hyre, de Bourdon ou de Le Sueur surgir quelques-unes des œuvres les plus sereines et les plus raffinées de tout l'art français. [...] Est-il absolument besoin de quelque terme pour désigner l'art que cultivent, entre 1645 et 1660, les artistes qui fondent l'Académie royale ? On préférerait alors celui d'"atticisme" avancé naguère par Bernard Dorival. Mieux que tout autre, et sans engager dans des débats de doctrine, il rappelle que cette époque fit son idéal de la clarté et de la grâce, et parfois rejoignit, sans le connaître, le moment le plus raffiné de l'art antique.