Comme des adieux
Auteur : Serge Perez
Date de publication : 1997
Éditeur : l'Ecole des loisirs
Nombre de pages : 111
Résumé du livre
L'éditeur indique : Raymond est tombé gravement malade juste après son renvoi du centre. Il brûle de fièvre sur un lit d'hôpital. Il pense sans cesse à cette nuit où il est allé dans le dortoir des filles pour contempler Anne dans son sommeil, cette nuit terrible où il a tout perdu pour la seconde fois. Chez ses parents, il a retrouvé son refuge dérisoire, sous le lit, où son père n'est jamais parvenu à l'attraper, une prison pour repousser de quelques heures la raclée quotidienne. Il a aussi retrouvé ses cauchemars, avides de se venger, de le réduire en miettes. Il les avait si bien oubliés au centre. Dans son brouillard, Raymond distingue des formes vagues, mais jamais celle qu'il espère. Il y a les docteurs et les infirmières qui s'affairent, le tournent, le retournent, et il y a ses parents qui viennent de temps en temps jouer leur comédie. Ils lui touchent le front, lui prennent la main. Ca lui est insupportable. Parfois, comme drogué par la fièvre, Raymond tente de réinventer le passé: des parents normaux, de la douceur, de la complicité. En classe, il improvise des poésies qui bouleversent son instituteur, il se joue des multiplications et récolte des compliments, des images par paquets. Son père est fier de lui... Mais non, ça ne marche pas. De toute façon, c'était foutu d'avance, il suffit d'avoir des yeux. Raymond sait déjà à quoi ressemblera sa sortie d'hôpital. Il connaît chaque instant de ce simulacre d'amour parental, qui prendra fin lorsqu'ils auront regagné la deux chevaux fourgonnette. Seule sa petite soeur Joceline sera contente de le revoir. Il n'est pas sûr du tout de vouloir que ce jour-là arrive. Ne vaut-il pas mieux se laisser doucement engloutir dans le brouillard, écouter cette musique qui vient de très loin, rien que pour lui ? A moins que la porte de la chambre s'ouvre et qu'enfin, Anne en franchisse le seuil.