Errances
Auteur : Jean-Paul Colin
Date de publication : 2016-08-12
Ăditeur : Editions Gunten
Nombre de pages : 324
Résumé du livre
Jean-Paul Colin nous invite Ă le suivre dans ses Errances, rĂ©cits de voyage quâil nous propose comme de brefs romans vrais. Franchir avec lui le temps comme lâespace Ă travers la France, en vĂ©lo, en voiture, en car. Peu importe le vĂ©hicule, lâivresse est la mĂȘme. DĂ©couvrir le banc de la rĂȘverie, Fleurines, La Nonette, Chantilly, Senlis, des Saints bien intentionnĂ©s, Firmin, LĂ©onard, Mortefontaine, lâAllemagne, la Roumanie, le Jura en passant par Bagdad. DĂ©couvrir aussi que « les paysages gardent les souvenirs », que « lâon peut voir avec les pieds », que Jean-Paul ne manque pas dâhumour tandis que Colin rend hommage Ă Flaubert, Rousseau, Nerval... Et que lâon va hĂ©siter entre « lâexquise solitude » ou « la plĂ©nitude offerte par les sites parcourus ». Jean-Paul Colin dĂ©voile ses pensĂ©es, ouvre son carnet de route, et nous transporte, malgrĂ© lui, malgrĂ© son humilitĂ©, comme seuls les poĂštes savent le faire. GrĂące Ă leur talent et au sien, Jean-Paul Colin compose pour nous les paysages « Ă coups de reflets et de senteurs » que lâon arrive Ă voir, Ă sentir... A entendre... Pousse la porte des musĂ©es, des Ă©glises, des chĂąteaux, pour notre plus grand plaisir. Puis il Ă©crit : « Il y a les usines oĂč se fabriquent le plaisir et le chagrin du monde, le reste, le reste nâest que littĂ©rature », eh bien non, la littĂ©rature, la vĂŽtre, reste nĂ©cessaire. Longtemps encore, aprĂšs la lecture de cet ouvrage, nous continuons Ă planer sur « le nuage rosĂ© de lâĂźle de France », comme persiste ce fameux instant qui suit les musiques de Mozart. Extrait : Par oĂč commencer le rĂ©cit d'impressions de voyage ? Surtout lorsquâil sâagit dâun voyage Ă bicyclette, durant lequel la fatigue musculaire se conjugue Ă lâafflux de sensations de toutes sortes pour vous empĂȘcher de bien goĂ»ter le charme et lâintĂ©rĂȘt du parcours. Ne voit-on pas aussi un peu avec les pieds ? (pardonnez-moi ce prosaĂŻsme). Toujours est-il quâaprĂšs mâĂȘtre Ă©lancĂ© vaillamment hors de la capitale, avec mes deux jambes dâagrĂ©gatif pas entraĂźnĂ© et ma fringale dâespace pour tout soutien, je ne tardai pas Ă constater quelle diffĂ©rence essentielle existe entre le vĂ©locipĂšde et lâautomobile, diffĂ©rence que, je lâavoue Ă ma grande honte, jâavais quelque peu oubliĂ©e. Ah ! ma vieille 201, malgrĂ© ma passion pour ta persĂ©vĂ©rante validitĂ©, je ne savais pas encore combien tu mâĂ©tais prĂ©cieuse ! Mais foin de regrets superflus ! Et que je me fouette un peu de la vanitĂ© du sportif-quoique-intellectuel ! Car, parmi mes chers camarades, combien dâagrĂ©gatifs, bourrĂ©s de science vaine, ne sont pas partis pour des rĂ©gions lointaines, et surtout pas Ă bicyclette, comme moi !