Au Bord du Saint-Laurent
Auteur : Charles Arthur Gauvreau
Date de publication : 2020-08-28
Éditeur : Independently Published
Nombre de pages : 55
Résumé du livre
Né à L'Isle-Verte, le 29 septembre 1860, Charles-Arthur Gauvreau est le fils de Louis-N. Gauvreau, notaire et seigneur de Villeray, et de Gracieuse Gauvreau.Gauvreau étudie au séminaire de Rimouski et à l'Université Laval. En 1885, il reçoit sa commission de notaire et exerce ensuite sa profession à Rivière-du-Loup.En 1897, Gauvreau est député libéral de Témiscouata à la Chambre des communes. Il remporte sept élections consécutives et conserve son siège jusqu'à son décès. De 1912 à 1922, il dirige le journal Le Saint-Laurent, un bihebdomadaire de Rivière-du-Loup, ce qui lui donne une grande visibilité.Il a publié deux romans en feuilletons dans la Gazette des campagnes, soit Les épreuves d'un orphelin (1881) et Captive et bourreau (1882). Il s'intéresse par la suite à l'histoire locale et régionale et publie L'Isle-Verte (1889), Trois-Pistoles (1891) et Au bord du Saint-Laurent: histoires et légendes (1923).Il est décédé à Rivière-du-Loup, le 9 octobre 1924.Il avait épousé, en 1887, Gertrude Gauthier, fille adoptive de Wilfrid Laurier.EXTRAIT: C'est Charles Nodier, je crois, qui a dit quelque part : « hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du peuple, avant qu'il les ait oubliées, » et votre humble serviteur, s'inspirant de ces paroles sincèrement vraies, vient aujourd'hui vous entretenir de ces histoires du passé, merveilleux récit où la légende et la fable se donnent parfois la main pour mieux captiver les auditeurs, mais où l'on découvre facilement un fond de vérité, que l'histoire ne refuse pas d'accepter comme étant de son domaine, tout en faisant une large part à la fiction qui n'y ajoute que son charme et son attrait indéniables.Nous vivons à une époque qui contraste singulièrement avec celle où nos ancêtres se livraient aux durs métiers de colons et de soldats. C'était le temps alors, où les canadiens-français burinaient au temple de l'avenir les épisodes héroïques, qu'immortalisaient la foi, le dévouement, l'amour du sol et l'aveugle enthousiasme d'une nation éprise d'idéal sublime et de devoir surhumain. C'était le temps où les Iroquois faisaient trembler plus d'un brave, où l'on sentait un ennemi embusqué derrière chaque tronc d'arbre que l'on venait d'abattre sur le lot que l'on défrichait -- Dieu sait au prix de quelles peines et de quelles abnégations ; -- où le soleil radieux qui se levait à l'horizon, sur une cabane de bois, abri des seuls trésors que l'on appréciait d'autant plus que la solitude était plus grande : la femme et les petits, menaçait d'éclairer de ses rayons mourants le massacre des êtres chers, et la destruction d'un patrimoine gagné à la sueur des fronts.Aujourd'hui tout cela n'est plus, il y a encore des luttes, des embuscades, des tortures mêmes ; mais ce sont les luttes contre le vice qui, vague immense, monte et monte sans cesse ; ce sont les embuscades où nous guettent le luxe, les folles passions, les heures d'enivrement, les désirs de parvenir, la vie à outrance en toute chose, tous ces ennemis qui torturent, mutilent, scalpent et annihilent tout aussi sûrement une nation, que le couteau du Peau-Rouge des premiers temps de la colonie.......