La «crise» du recensement canadien en 2010
Auteur : Marie-Claire Major
Date de publication : 2012
Éditeur : Université de Montréal
Nombre de pages : Non disponible
Résumé du livre
À l'été 2010, le gouvernement canadien a annoncé le remplacement du formulaire long obligatoire par l'Enquête nationale auprès des ménages, un questionnaire facultatif. Ce changement a causé beaucoup de réactions, parce que cela affectera la qualité et la continuité des données recueillies, qui servent à appliquer différents programmes et lois, et qui sont utilisées par de nombreux groupes dans leurs fonctions de recherche et de représentation. Le présent mémoire a pour objectif de comprendre pourquoi le recensement devient parfois le centre d'un conflit politique, quels acteurs sont impliqués, et pour quelles raisons. À l'aide d'une analyse comparative de cas antérieurs dans différents pays, nous identifions trois éléments nécessaires pour que la méthodologie du recensement devienne un enjeu politique. Il s'agit de la présence: (1) d'un aspect identitaire; (2) d'une dimension idéologique qui concerne particulièrement le rôle de l'État et l'action positive; et (3) de programmes ou d'objectifs gouvernementaux qui dépendent directement des données du recensement. Pour évaluer si ces trois facteurs sont également présents au Canada en 2010, nous avons effectué des entrevues avec les groupes qui ont contesté la décision de l'annulation du formulaire long obligatoire. Ces groupes ont contesté la décision devant les tribunaux, et ont évoqué les risques de non-respect du gouvernement envers ses obligations légales, notamment envers la Charte des droits et libertés. L'analyse de ce conflit nous permet aussi d'évaluer les relations entre le gouvernement canadien et la société civile, et le manque de ressources et d'opportunités auquel font face les groupes d'intérêt et les représentants de minorités à la recherche d'équité.