États cliniques, états mystiques
Auteur : Caroline Morillot
Date de publication : 2012
Éditeur : Non disponible
Nombre de pages : Non disponible
Résumé du livre
Ce travail s'intéresse aux états dont les personnages joyciens font l'expérience. Il vise à rendre compte des fluctuations de présence au monde par le repérage et l'analyse de tout un éventail d'états cliniques, mystiques et cognitifs dans les premières œuvres de James Joyce : Dubliners, A Portrait of the Artist as a Young Man, et Stephen Hero.Si nous replaçons la notion d'état dans le contexte historique des textes de Joyce à travers l'influence combinée de Walter Pater, William James et Friedrich Nietzsche, nous l'utilisons également dans une acception très contemporaine en nous appuyant sur les neurosciences.L'état joycien est envisagé dans sa dimension pathologique par le biais, sur un plan médical,d'Hippocrate et de William Harvey, entre autres, et par l'intermédiaire, sur un plan littéraire, de Gerard Manley Hopkins et Thomas Stearns Eliot. Les notions de tempérament et d'état sont ensuite repensées à l'aune du mysticisme par le relais de Denys l'Aréopagite (Pseudo-), Thérèse d'Avila et Marguerite-Marie Alacoque. La cognition permet de mettre en valeur les processus mentaux à l'origine de ces états.Cette réflexion sur la notion d'état se double d'une approche linguistique du texte. Il s'agit de formaliser le passage d'états spirituels à des états grammaticaux. Les adverbes d'intensité et de manière, ainsi que leur combinaison, peuvent être indicateurs de dispositions mentales et physiologiques.L'éclairage linguistique corrobore notre représentation de l'état joycien comme un réceptacle qui oscille entre la saturation et la disponibilité, de même qu'il permet de saisir la contiguïté poreuse qui existe entre l'état et l'événement dans le texte joycien.