Luigi Pirandello
Auteur : Jules Chaix-Ruy
Date de publication : 1967-01-01T00:00:00+01:00
Ăditeur : FeniXX
Nombre de pages : 280
Résumé du livre
Plusieurs perspectives sâoffrent Ă nous pour aborder lâĆuvre de Luigi Pirandello. Quelques-unes sont connues : la vie de lâauteur en est une ; la distinction Forme-Vie fut proposĂ©e, dĂšs 1928, par Tilgher, approuvĂ©e - avec quelques rĂ©serves - par Pirandello lui-mĂȘme. La question que sâest posĂ©e Jules Chaix-Ruy, est diffĂ©rente ; câest Ă travers la structure mĂȘme de sa pensĂ©e, quâil a voulu connaĂźtre Pirandello. Dâordinaire â Ă lâexception de quelques gĂ©nies exceptionnels, tels LĂ©onard de Vinci, Baudelaire, Edgar Poe â lâesprit critique nâintervient quâaprĂšs coup, pour corriger les Ă©carts de lâimagination et, par le jugement de goĂ»t, les excĂšs de lâinspiration. Quâadvient-il, au contraire, lorsque lâesprit critique intervient au moment mĂȘme du jaillissement poĂ©tique, de la crĂ©ation artistique, quand le prĂ©cepteur Pinzone est lĂ qui, constamment, corrige et rĂ©primande son Ă©lĂšve ? Il en rĂ©sulte ce que Pirandello appelle le « sentiment des contraires », qui engendre une constante perplexitĂ© ; telle serait aussi la cause de lâhumour. Câest toute la condition humaine qui est passĂ©e au crible : Don Quichotte surgit de la prison oĂč Cervantes mĂ©dite sur sa dĂ©risoire destinĂ©e. Toutefois, le poĂšte souffre dâĂȘtre appelĂ© le Bouffon ; il aspire Ă voir BelphĂ©gor se libĂ©rer de la tutelle chagrine de son mentor. Adolescent, tout, Ă ses yeux, se parait des couleurs de lâidĂ©al. Il appelle Ă son secours les mythes, et lâenchantement dâun jardin oĂč le printemps fait sâĂ©panouir les anĂ©mones et les jasmins ; il voudrait voir les cigales essayer leurs Ă©lytres sur un pin de Sicile. Et ce sont alors les Ćuvres finales : celles que Pirandello nomme justement ses « mythes » ; son mythe religieux, Lazare, son mythe social, la Nouvelle Colonie, et son chef-dâĆuvre peut-ĂȘtre, dâautant plus beau quâil est restĂ©, comme la symphonie de Schubert, inachevĂ©, les GĂ©ants de la Montagne. Câest donc la courbe de la vie profonde de Pirandello, romancier, nouvelliste, dramaturge, critique, poĂšte, que Jules Chaix-Ruy sâest proposĂ© de suivre. Mais dâautres thĂšmes pirandelliens : le Vestiaire, le Jeu des rĂŽles, les Masques â tout ce qui relĂšve du « burlesque triste », selon les termes dont usait Gustave Flaubert â font lâobjet dâune Ă©tude attentive, cependant quâen plus des racines siciliennes, sont analysĂ©es les sources allemandes (Schopenhauer, Nietzsche, Bahnsen surtout) de lâĆuvre de Pirandello.