Peindre les maux
Auteur : Florence Chantoury-Lacombe
Date de publication : 2010
Éditeur : Hermann
Nombre de pages : 422
Résumé du livre
On est surpris de constater le desinteret que suscitent aujourd'hui des images autrefois tres pregnantes: representations de la cecite, de la peste, de la gangrene, de la lepre, de la syphilis, de l'epilepsie, etc. En nous debarrassant de la majorite de ces maux, du moins en Occident, la societe contemporaine les a aussi refoules, comme un souvenir desagreable, un peu honteux. Notre temps est celui de l'image, mais de l'image nette, aseptisee, glacee, corps sculpturaux et parfaits s'etalant a l'envi sur les pages des magazines ou les ecrans des televisions. Paradoxalement, ce reve des corps ideaux etait aussi celui de la Renaissance. D'ou cette question: comment cette esthetique de la perfection s'accordait-elle avec la representation de la maladie ? On pense d'abord aujourd'hui a Titien, a Tintoret ou a Veronese comme a des peintres plaisants, ils n'en ont pas moins represente des malades, des estropies, des pestiferes, autant de personnages que nous nous sommes habitues a ne plus voir. Or, c'est justement sur eux que Florence Chantoury-Lacombe concentre son attention, nous revelant ainsi des oeuvres mal connues, ou que l'on n'avait pas su voir. Les analyses de tableaux, de gravures, de dessins, etc., constituent donc la dimension essentielle de cet essai. Comme le souligne Alain Laframboise, pour l'auteur, interpreter l'oeuvre revient a beaucoup plus qu'a l'inscrire dans un environnement, religieux, artistique, scientifique, juridique, c'est apprehender une organisation du reel, saisir comment une circulation s'etablit entre toutes ces dimensions, comment elles se rabattent les unes sur les autres, s'ordonnent et se prolongent.