Tifaifai
Auteur : Pierre Leguillon
Date de publication : 2013
Éditeur : Bom dia boa tarde boa noite
Nombre de pages : 14
Résumé du livre
Tiré du site Internet www.fnagp.com: "Partie prenante de l'exposition, le projet de Pierre Leguillon a été réalisé pour la FNAGP à l'occasion de l'ouverture de la Rotonde Balzac, un lieu de Paris généralement inaccessible, ouvert pour l'occasion. La Rotonde a été construite en 1891 à la demande de la baronne Salomon de Rothschild, à l'angle de la rue Berryer et de la rue Balzac, sur la parcelle autrefois occupée par la dernière maison d'Honoré de Balzac (rue Fortunée). Son décor est constitué des boiseries du cabinet de curiosités - détruit en 1883 - du comte Mniszech, le gendre de Madame Hanska. En voyant les miroirs qui reflètent à l'infini les chinoiseries décorant l'intérieur de la rotonde, Pierre Leguillon s'est rappelé du Palais des mirages, visité quand il était enfant, au Musée Grévin. Conçu par Eugène Hénard à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris en 1900, puis déplacé ensuite au Musée Grévin, Le Palais des mirages enchaîne une suite de différents décors exotiques, dramatisés par des jeux de lumières et des miroirs démultipliant l'espace, comme à l'intérieur d'un kaléidoscope. Le dispositif que propose Pierre Leguillon, - Tifaifai, est une structure octogonale, suspendue au plafond de la Rotonde. Elle est fabriquée à partir de tissus de kimonos du siècle dernier, dont les motifs et le tissage si particulier, où les couleurs semblent fuser les unes dans les autres, rappellent des touches de peinture. Chaque lé de tissu japonais composant ce grand patchwork en trois dimensions, présente une image : des photographies d'agence de presse mise au rebuts, ou des cartes postales, qui dessinent une curieuse " histoire naturelle " : animaux, plantes ou minéraux y sont souvent hors d'échelle ou transformés par la photographie. Le titre, - Tifaifai, est un mot polynésien, une langue qui ne connaît pas d'écriture et où la culture s'est transmise par l'oralité. La société polynésienne est très hiérarchisée, et l'oubli d'un nom propre dans la récitation des généalogies par exemple, pouvait être sanctionné par la mort. Tifaifai est la transcription phonétique du nom donné aux patchworks traditionnels de Tahiti, fabriqués par des femmes, où différentes silhouettes végétales et animales, directement prélevées dans l'environnement de l'île, sont découpées et plaquées sur un fond. Pierre Leguillon superpose donc ici deux collections : celle des tissus et celle des images. Toutes les images de ce corpus, aussi curieuses soient-elles et parfois difficiles à "lire", baignent dans une absence d'explication : ni légende, ni cartel. L'artiste a souhaité que les informations connues relatives à cet ensemble soient transmises oralement, dans l'espace même de la Rotonde. Le spectateur, en tournant autour de la structure octogonale, active une séquence d'images, comme le ferait un carrousel de diapositives ou encore le Praxinoscope d'Emile Renaud (1876). Les images, à la fois spectaculaires et désuètes, sont séparées de leur contexte de publication. Au même titre que les fragments de tissus qui composent le patchwork, elles ont perdu leur fonction d'usage et semblent échouer à se constituer comme langage."