J.M.G. Le Clezio
Auteur : Michelle Evanno-Labbe
Date de publication : 1993
Éditeur : Non disponible
Nombre de pages : 14
Résumé du livre
Quelles relations, J.M.G. le Clézio, engage dans une quête spirituelle, entretient-il avec le genre romanesque? Le roman est en question dans son œuvre sur plusieurs plans. Il rejette la linéarité du temps et le déterminisme social, psychologique, attribues au roman du XIXe siècle, dans une sorte de violence identificatoire. Pour rompre avec l'occident, il préconise un renoncement aux valeurs établies qui passe par l'ascèse. L'écriture se redéfinit comme recherche d'un langage affectif et de rythmes, proche de la poésie, rejoignant le silence. Dans ses romans, il utilise personnage, temps et récit mais en les déformant. Le personnage, indéterminé, se rattache au mythe et permet d'établir un pacte narratif ou se confondent protagoniste, auteur et lecteur dans une communauté des faiblesses et aspirations. Le temps perd sa linéarité causale pour se présenter dans la diversité d'expériences liées aux genres : conte, mythe, prophétie. Le récit refuse la mise en intrigue, se fracture sans cesse, surtout dans les premiers romans, et instaure une circularité, symbole de transcendance. Virtualité, évanescence et ambiguïté deviennent signes de l'être et fondent l'esthétique. Le roman parait contraire à l'exigence de vérité que suppose la quête. Cependant, par sa valeur d'image, il s'avère forme privilégiée pour éviter la clôture du sens, faire surgir l'ineffable, assurer la communication avec le lecteur. La réception des premières œuvres est problématique en raison d'une incessante redéfinition du code de lecture ; les derniers romans, plus cohérents, encourent un autre risque : celui de dissimuler la quête sous la dominante de la fiction. L'originalité de le Clézio résiderait dans la définition d'une poétique du silence et d'un