Les tuberculoses neuro-méningées à l'hôpital Avicenne
Auteur : Benoit Cazenave
Date de publication : 2010
Éditeur : Non disponible
Nombre de pages : 178
Résumé du livre
La tuberculose est un problème mondial de santé publique avec 9,4 millions de nouveaux cas dans le monde en 2008. La Seine-Saint-Denis est l’un des départements les plus touchés par la tuberculose avec un taux de 30,3 pour 100 000 habitants. La localisation neuro-méningée de la tuberculose est rare. En France, 92 cas ont été déclarés en 2008. Matériel et méthodes Nous avons recherché tous les cas de tuberculose neuro-méningée pris en charge à l’hôpital Avicenne, en Seine-Saint-Denis, entre 1996 et 2006, à partir du fichier du Département d’Informatique Médicale et avons analysé les dossiers rétrospectivement. Toutes les imageries ont été ré interprétées par un même radiologue. L’objectif de cette étude était de décrire les différentes présentations cliniques et radiologiques de la tuberculose neuro-méningée, ainsi que les modalités de prise en charge de cette pathologie rare. Résultats Vingt cinq patients ont été inclus dans l’étude. La moyenne d’âge des patients était de 41 ans, et le sex ratio de 3,16. Tous les patients étaient d’origine étrangère. Les signes cliniques les plus fréquemment retrouvés étaient la fièvre (76%), les céphalées (68%) et l’altération de l’état général (64%). L’examen clinique retrouvait un syndrome méningé chez 60% des patients et un déficit neurologique focal chez 40% d’entre eux. Seulement 16% des patients ne présentaient aucune symptomatologie neurologique. La ponction lombaire a mis en évidence une méningite pour 21 patients. Le diagnostic de tuberculose cérébrale a été confirmé par la mise en évidence de Mycobacterium tuberculosis sur le LCR pour 39 % des patients. L’imagerie cérébrale était anormale pour tous les patients, et des images de tuberculomes ont été mises en évidence pour 12 patients. La durée moyenne de l’antibiothérapie était de 13,8 mois. La durée moyenne de la corticothérapie orale était de 7,9 mois. Trois patients sont décédés des suites de la tuberculose, deux autres patients présentaient des séquelles neurologiques de la tuberculose. Conclusion Notre étude nous a permis de constater que les cliniciens pouvaient améliorer la prise en charge des tuberculoses neuro-méningées à plusieurs niveaux : en recherchant systématiquement cette forme rare de la tuberculose, en augmentant la sensibilité diagnostique de la ponction lombaire et en diminuant la durée des traitements prescrits, qu’il s’agisse de l’antibiothérapie ou de la corticothérapie.