Le Tacite, l'humain
Auteur : Catherine Perret
Date de publication : 2021-05-06T00:00:00+02:00
Ăditeur : Seuil
Nombre de pages : 384
Résumé du livre
Le lien social se nourrit de quelque chose qui nâest pas social. Tel est le propos de cet essai dâinfra-politique dans lequel la philosophe Catherine Perret, explorant la naissance de la pĂ©dopsychiatrie et lâhistoire des politiques de lâenfance en France au XXe siĂšcle, rencontre Fernand Deligny (1913-1996).
De plus en plus Ă©tudiĂ© en Europe et aux Ătats-Unis, Deligny est aujourdâhui encore un cĂ©lĂšbre inconnu. WikipĂ©dia le prĂ©sente comme « un opposant farouche Ă la prise en charge asilaire des enfants difficiles ou dĂ©linquants et des enfants autistes ». Câest oublier quâil fut Ă©galement conteur, Ă©crivain, cinĂ©aste, cartographe, et que les inventions plastiques et poĂ©tiques de ce bricoleur de gĂ©nie contribuent pour une large part Ă ses expĂ©rimentations cliniques.
Dans ce livre, Catherine Perret inscrit Deligny dans lâhistoire des rĂ©volutions psychiatriques qui, suite Ă lâ« extermination douce des fous » dans les hĂŽpitaux psychiatriques français durant la Seconde Guerre mondiale, surent faire de la folie une perspective sur lâhumain et du soin psychique une pratique sociale.
Les expĂ©rimentations Ă©ducatives et cliniques de Deligny, ses inventions plastiques Ă©clairent ce qui, chez les humains, vise Ă la crĂ©ation dâun milieu : un milieu loin du langage et qui ne se laisse capter quâen images.
Catherine Perret montre que la prise en compte sans exclusive de lâhumain ne dĂ©pend pas seulement de la capacitĂ© quâauraient les sociĂ©tĂ©s Ă inclure de plus en plus dâindividus dans le respect de leurs diffĂ©rences. Elle dĂ©pend aussi de leur capacitĂ© Ă prendre acte de la diffĂ©rence entre la part civilisable de lâhomme et son noyau non civilisable, mais pourtant humain. Câest par lĂ que son essai rejoint lâagenda politique de lâanthropologie contemporaine.