Lettre ouverte aux femmes politiques
Auteur : Michel Jobert
Date de publication : 1976-01-01T00:00:00+01:00
Ăditeur : FeniXX
Nombre de pages : 192
Résumé du livre
« Mes confidences les plus libres, je les fais Ă mon grillon. Au grillon qui accompagne familiĂšrement mes rĂȘveries, au coin de la cheminĂ©e. Mais voici que jâai choisi de mâadresser Ă des personnages auxquels je suis capable de mâabandonner avec autant de confiance que jâen tĂ©moigne Ă mon grillon : les femmes politiques. Jugez-en : je leur parle sans retenue, presque sans pudeur, et Ă©videmment sans malice, absolument sans mĂ©chancetĂ©. Avec un parti pris cependant : je les crois indispensables et elles sont trop rares. LâĂ©tendue du monde, lâĂ©tendue du temps, les femmes elles-mĂȘmes semblent sâĂȘtre mises dâaccord pour que lâunivers fĂ©minin prolifĂšre le moins possible. Nous y avons tous, sans doute, beaucoup perdu. Aujourdâhui, parmi tant de sujets qui sollicitent lâattention, en voici un dâimportance. Je mâengage sans hĂ©siter vers ces femmes dâexception. Jâaime les ĂȘtres de sincĂ©ritĂ©, dâinquiĂ©tude et de foi et parmi les multiples vertus dont sâentoure lâĂąme, je prĂ©fĂšre la luciditĂ© et le courage. DâoĂč mon admiration pour Antigone en qui la femme a trouvĂ© son expression la plus exaltante. Mais jâaime aussi le grand chant de la libertĂ©, les esprits non conventionnels, ceux qui tentent dâagiter leur Ă©poque. Ă ces agitatrices inspirĂ©es qui ne sont pas si nombreuses, jâai voulu ajouter plusieurs personnes de talent qui sont souvent « lâidĂ©e qui dĂ©range ». Si le monde nâest pas devenu plus excessif, si la conscience hurle encore et si on lâentend ; si la citĂ©, lâĂ©glise, le parti, qui vous ont cru des cibles naĂŻves et dociles, nâont pu affirmer finalement leurs disciplines ambiguĂ«s, nous le devons Ă vous seules, innombrables et anonymes hĂ©roĂŻnes. Le vrai souffle des dieux, dont on ne sait oĂč il mĂšne, il est seulement en vous. Quand tout vous donne tort ou vous contraint, vous seules savez le reconnaĂźtre et lâentendre, et dire et redire, comme la jeune fille de ThĂšbes : « Je ne suis pas nĂ©e pour haĂŻr, mais pour aimer ». Sans cette parole, qui croirait encore aux Dieux ? Et vous la rĂ©pĂ©tez inlassablement. »