Belle dame qui mord

Belle dame qui mord

Auteur : Anne-Lise Grobéty

Date de publication : 2016-07-04

Éditeur : Bernard Campiche Editeur

Nombre de pages : 150

Résumé du livre

Un ensemble d’histoires de femmes Ă©tonnantes, Ă©mouvantes et captivantes

Un jour, sans crier gare, une fissure craquelle la surface polie de l'apparente sĂ©rĂ©nitĂ©. Quelle secousse sismique imperceptible initie la dĂ©sagrĂ©gation de l'ĂȘtre intime ? On ne peut pas toujours la nommer mais elle est mortelle, souvent. Anne- Lise GrobĂ©ty appelle l'" Endouleur" cette expĂ©rience du malheur. Elle est commune Ă  toutes les filles aux prĂ©noms troublants qui font allĂ©geance Ă  cette Belle dame qui mord, la belladone mortifĂšre. La souffrance n'attend pas le nombre des annĂ©es : Paulia n'est qu'une toute petite fille oubliĂ©e dans la neige pendant que les adultes se dĂ©chirent. La blessure est parfois dĂ©risoire, comme le dĂ©sarroi de Liviane qui espĂšre tant de reconnaissance de son professeur adorĂ© quand il ne s'inquiĂšte que de sa poitrine naissante. La douleur est assassine quand elle fait craquer les glaces intĂ©rieures de Myrthe et la prĂ©cipite vers la folie et le crime. (Quatorze rĂ©cits explorent ainsi les registres du malheur. Ils sont brefs, cinq ou six petites pages d'une - Ă©criture travaillĂ©e Ă  l'extrĂȘme, portĂ©e au bord de l'artifice, ciselĂ©e comme de la poĂ©sie. Anne- Lise GrobĂ©ty joue des rimes, de l'allitĂ©ration. " EntĂȘtant genĂȘt autour de la tĂȘte ! ": c'est Liviane qui jubile au printemps, juste avant la fĂȘlure. Les phrases s'Ă©vadent de la prose, s'organisent en vers le temps d'un quatrain, se rĂ©pondent en jeux typographiques. A sujet grave, traitement ludique, ellipses Ă©nigmatiques qui suggĂšrent la cassure. La nouvelliste inaugure une Ă©criture prĂ©cieuse, raffinĂ©e Ă  l'extrĂȘme, concentrĂ©e : quatorze variations brillantes sur basse continue.

Un recueil qui ne vous laissera pas indifférent

EXTRAIT

Niva va et vient, depuis tant d’annĂ©es, dans son hiver qu’elle ne sait plus bien... Elle va et vient dans un pays oĂč tout se mĂ©rite – surtout le printemps. Un matin, le voilĂ  comme un chat en rut, Ă  rĂŽder le museau transi, le poil humide, hirsute, il espĂšre, attend, guette et quĂȘte pendant des jours, des nuits, en un long travail ingrat, laborieux, douloureux, en oublie de manger et de se laver obsĂ©dĂ© par l’idĂ©e de couvrir la nature, chatte mutine enfin prĂȘte qui toujours, au dernier moment, s’est dĂ©robĂ©e pendant si longtemps...

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

"Anne-Lise GrobĂ©ty, pur-sang de nos prairies littĂ©raires. En doutez-vous? Ouvrez Belle dame qui mord, quatorze rĂ©cits qui vous enlĂšvent Ă  l’amble, au trot, au galop. Ce n’est pas tant la distance qu’elle parvient Ă  couvrir qui impressionne ici, mais la libre frappe des mots, une aisance concentrĂ©e, l’ébrouement de rythmes, quelque chose de souverain dans l’émotion..." - Bertil Galland, Le Nouveau Quotidien

"Il ne faut pas perdre un mot du dernier livre d’Anne-Lise GrobĂ©ty, dont chaque piĂšce miniaturisĂ©e s’inscrit dans une maniĂšre de constellation. Le noyau de chacun de ces petits astres est un prĂ©nom, qui tire son orient d’une heure du jour ou de telle couleur saisonniĂšre, de telle annĂ©e particuliĂšre..." - Jean-Louis Kuffer, Le Passe-Muraille

A PROPOS DE L’AUTEUR

Anne-Lise GrobĂ©ty se fait connaĂźtre du grand public dĂšs son premier roman, Pour mourir en fĂ©vrier, couronnĂ© par le Prix Georges-Nicole. La suite de son Ɠuvre remporte le mĂȘme succĂšs. Ses narratrices cherchent Ă  affirmer leur identitĂ© fĂ©minine, Ă  une Ă©poque oĂč la prĂ©sence des femmes en littĂ©rature commence Ă  s’affirmer. Anne-Lise GrobĂ©ty est donc aussi fortement concernĂ©e par la condition de la femme Ă©crivain, par les aspects historiques, formels et politiques de l’écriture fĂ©minine, mais elle poursuit surtout une exploration de la langue dans une tonalitĂ© bien Ă  elle.

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