"Île" était une fois
Auteur : Léa Casale
Date de publication : 2005
Éditeur : C. Lacour
Nombre de pages : 193
Résumé du livre
Ce titre merveilleux nous le laisse entendre sans équivoque, la principale héroïne de ce recueil de nouvelles, c'est elle, c'est notre île, la Corse. Quant à Emma, médium qui nous permet d'entrer en contact avec l'univers de l'imaginaire, nous aimerions lui appliquer la définition de Milan Kundera " le personnage n'est pas la simulation d'un être vivant, c'est un ego expérimental ". Peut-on oser dire Emma, c'est Léa ? Léa nous la connaissons depuis ses premiers écrits, les yeux toujours perdus dans un rêve intérieur... Quant à Emma, le rêve est sa patrie d'élection, celle où ne subsiste aucune entrave, en effet dans la dimension onirique la pensée est libre et l'esprit oiseau. Le rêve, c'est aussi une thérapie, et nous verrons que la traversée de la nuit peut déboucher sur la lumière. Mais il faut auparavant affronter un long parcours initiatique. Ces " errances " d'Emma nous entraînent dans le merveilleux décor de ces joyaux que sont les lacs de Melo, Creno, Bêtaniella, le lacu Maggiore, et les pozzi de Bastelica, lieux enchantés peuplés de personnages insolites qui, chaque fois aident Emma à franchir une étape de sa quête spirituelle, semblable aux longs pèlerinages dont parle Charles Péguy. En attendant de briser ses chaînes, Emma, trouve des mots déchirants pour crier ses angoisses. Ainsi, " enfermée dans un mur de silence ", elle nous interpelle : " votre mémoire est un immense cimetière où vous enterrez vivants les souvenirs heureux ". Pour elle plus terrifiantes que les portes de l'Enfer dont parle l'écriture, sont les " portes de l'oubli ". Non, Emma ne laissera pas l'eau profonde des lacs engloutir " les jours défunts ", au contraire, " les regrets doivent mourir dans l'âtre de l'hiver ". Un des derniers mots de ce recueil est " requiem ", employé d'ailleurs avec un zeste d'humour, un humour rédempteur. Il est vrai qu'Emma, et Léa, ont en commun le doux et énigmatique sourire de l'ange de Reims, et que l'apothéose du requiem est toujours le " resurrexit " ? Léa Casale a écrit en exergue qu'il était " des rêves qui devraient nous laisser endormis ", quant à nous, du rêve que nous venons défaire avec elle, nous voudrions nous souvenir longtemps...