Tenir au secret
Auteur : Ginette Michaud
Date de publication : 2006
Ăditeur : GalilĂ©e
Nombre de pages : 127
Résumé du livre
La littĂ©rature aura Ă©tĂ© pour Maurice Blanchot et Jacques Derrida le lieu par excellence du secret. L'un et l'autre posent en effet qu'il y a dans le secret un « il est impossible de dire » qui ne peut ĂȘtre levĂ© mĂȘme lorsqu'il est dĂ©voilĂ© ou rompu. Comment, dĂšs lors, prĂ©senter ce qui, dans ce secret sans contenu et non cachĂ©, se refuse Ă toute prĂ©sentation et, surtout, comment en parler sans dĂ©chirer sa nuit propre et privĂ©e ? Cet essai se propose de suivre cette aporie dans le rĂ©cit de Maurice Blanchot, L'Instant de ma mort, texte testamentaire d'une inĂ©puisable rĂ©serve paru en 1994, et dans la lecture minutieuse, pas Ă pas, que lui consacrait Derrida dans Demeure - Maurice Blanchot. Prenant appui sur plusieurs sĂ©ances inĂ©dites du SĂ©minaire de Derrida intitulĂ© « RĂ©pondre du secret », qui se tint en 1991, cet essai cerne dans un premier temps l'originalitĂ© de l'approche derridienne en retraçant les choix que fait le philosophe de sĂ©mantiques et de logiques qui le portent Ă puiser Ă un fond plus mystĂ©rieux et mĂȘme Ă©tranger au secret freudien ou (post-) psychanalytique. Dans un second temps, cette pensĂ©e hĂ©tĂ©ronomique du secret est saisie tant dans le rĂ©cit de Blanchot, qui en offre une exemplaire mise en Ćuvre, que dans les « effets de secret » qui viennent se dĂ©poser et se sceller en retour dans la propre lecture de Derrida. Forme de cĂ©lĂ©bration de la parution de Demeure il y a quelque dix ans (et faisant constamment place Ă cette question de la date), ce livre tente de prendre la mesure de l'Ă©vĂ©nement du secret qui s'est trouvĂ© nouĂ© entre ces textes de Blanchot et de Derrida. PlutĂŽt que d'interprĂ©tation ou d'hermĂ©neutique, c'est d'une autre expĂ©rience de la lecture qu'il sera aussi question une lecture qui souhaiterait elle-mĂȘme « demeurer », loin de toute Ă©vidence, de toute explication et de toute certitude, une « expĂ©rience secrĂšte au sujet d'un secret », comme y appelait Derrida dans Donner la mort.