Philosophie et musique contemporaine
Auteur : Daniel PARROCHIA
Date de publication : 2016-10-08T00:00:00+02:00
Ăditeur : Champ Vallon
Nombre de pages : 306
Résumé du livre
La musique, en tout cas la classique â nous ne le cachons pas â, est morte. Tout comme lâart â en tout cas lâart classique â est mort. Mais il y a plusieurs maniĂšres de mourir pour lâart â et donc pour la musique. Lâune est de se voir progressivement substituer son propre nĂ©gatif autodĂ©risoire, dont la fonction (ludico-critique) est alors dâexhiber ce que nous ne voulons ni voir ni entendre. Lâautre est de mourir Ă la mode hĂ©gĂ©lienne, celle qui consiste Ă se conserver tout en se dĂ©passant, câest-Ă -dire Ă se «sublimer». Toutefois, une exception se fait jour. Ă cĂŽtĂ© des dĂ©rĂ©lictions faciles et de la sublimation diffuse et partout rĂ©pandue qui fait de lâart dâaujourdâhui un «art Ă lâĂ©tat gazeux», il est encore permis de trouver dans la musique, si lâon peut ainsi sâexprimer, un noyau solide : les Ćuvres majeures du xxe siĂšcle â celles qui relĂšvent du «nouvel esprit musical» â pointent en direction dâune thĂ©orie axiomatique des espaces sonores, dont les chercheurs explorent des modĂšles possibles. Lâexistence de cette musique «noumĂ©nale» nous a semblĂ© pouvoir inspirer une nouvelle philosophie. Car, si lâart (classique) est mort, la philosophie (traditionnelle) ne peut pas vivre encore bien longtemps, sinon de cette vie de mort-vivant qui est celle de lâart (classique). Nous lui avons cherchĂ© un avenir plus heureux, qui la fĂźt Ă©chapper Ă la pĂ©trification musĂ©ale comme Ă la dĂ©gĂ©nĂ©rescence communicationnelle. Mais dans une Ă©poque oĂč, pour parler le langage du xixe siĂšcle, la participation de lâactivitĂ© de lâindividu Ă lâ«Ćuvre totale de lâesprit» sâest dĂ©sormais rĂ©duite Ă rien ou presque, nous ne pouvons guĂšre nous bercer dâillusions. La philosophie, aujourdâhui dĂ©localisĂ©e (Ă lâimage des entreprises multinationales et des produits esthĂ©tisĂ©s quâelles fabriquent), est probablement dĂ©jĂ , elle aussi, Ă lâĂ©tat gazeux. Nous avons tentĂ©, trĂšs modestement, de refroidir si peu que ce soit cette transparente vapeur, dâamorcer, si possible, une lĂ©gĂšre recondensation.