Intérêt des injections intralésionnelles de corticoi͏̈des dans le traitement de la phase aigue͏̈ de la maladie de Lapeyronie
Auteur : Alexis Demey
Date de publication : 2004
Éditeur : Non disponible
Nombre de pages : 130
Résumé du livre
La maladie de Lapeyronie est une fibrose localisée de la tunique albuginée des corps caverneux. Elle est caractérisée par la présence d'un nodule initialement douloureux et d'une déformation de la verge, surtout en érection. La maladie évolue en deux phases : une phase inflammatoire dite "aigue͏̈" et une phase chronique séquellaire. Les traitements réellement efficaces sur la maladie lors de la phase aigue͏̈ ne sont pas connus. L'objectif de notre étude est de déterminer l'intérêt des injections intralésionnelles de corticoi͏̈des dans le traitement de la phase aigue͏̈ de la maladie. Matériel et métode : Nous avons mené une étude rétrospective tricentrique basée sur l'analyse des dossiers de patients consultant pour maladie de Lapeyronie. Nous avons répertorié tous les dossiers jusqu'en décembre 2002. Les données ainsi recueillies nous ont permis de réaliser une étude générale clinique et épidémiologique. Dans un second temps, nous nous sommes intéressés aux patients présentant les symptômes cliniques de la phase aigue͏̈ de la maladie. Ces patients ont été classés en 2 groupes : le groupe B ayant reçu des injections de corticoi͏̈des et le groupe A ayant reçu d'autres thérapeutiques telles que de la vitamine E et de la Piasclédine. Les thérapeutiques des 2 groupes sont comparées à l'aide d'un test du [khi]2 en fonction de leurs résultats sur les 3 critères de la maladie : la douleur, la plaque et la courbure. Résultats : 271 patients ont été répertoriés dans l'étude générale clinique et épidémiologique. 105 patients ont été isolés en phase aigue͏̈ : 60 dans le groupe A et 45 dans la groupe B. L'amélioration constatée sur la plaque et la courbure n'est pas significativement différente entre les 2 groupes. Cependant, l'amélioration de la douleur par les injections de corticoi͏̈des est nettement supérieure (p=0,0025) avec 61,4 % de disparition dans le groupe B contre seulement 25 % dans le groupe A. Il n'a pas été noté d'influence du délai d'apparition et du délai de consultation sur la qualité des résultats des traitements sauf pour les patients qui consultent après 4 mois. Chez ces patients, seules les injections de corticoi͏̈des conservent une certaine efficacité (p=0,0344). Aucune complication n'a été relevée. Conclusion : Les injections de corticoi͏̈des pourraient être un traitement de la phase aigue͏̈ de la maladie de Lapyeronie. En supprimant la douleur ils pourraient être en mesure de freiner l'évolution de la maladie.