Le glaive et les bourreaux : les assassins
Auteur : Christian Bernadac
Date de publication : 2000-01-01T00:00:00+01:00
Ăditeur : FeniXX
Nombre de pages : 588
Résumé du livre
Le 22 juin 1940, aprĂšs lâarmistice franco-allemand de Rethondes, Hitler confie Ă GĆring : « Notre pacte de non-agression avec Staline Ă©tait fait pour une guerre longue. La guerre a Ă©tĂ© courte. Je nâen ai plus besoin. » Trois mois plus tard, alors que la Luftwaffe sâessouffle dans la bataille dâAngleterre, que Raeder dĂ©montre quâun dĂ©barquement en Grande-Bretagne est impossible, le gĂ©nĂ©ral Paulus est chargĂ© de prĂ©parer le plan Barbarossa destinĂ© Ă anĂ©antir les forces militaires soviĂ©tiques. Hitler a toujours pensĂ© que seul lâEst pouvait lui fournir les vastes territoires dont il avait besoin pour mettre en Ćuvre sa politique dâ« espace vital » : « Nous devons, comme lâAngleterre, nous constituer un Empire. Câest possible en quelques semaines. » Mais pour Hitler, envahir la Russie, cela ne veut pas dire seulement bousculer et dĂ©truire lâArmĂ©e Rouge, comme le croient ses officiers dâĂ©tat-major et les chancelleries. Cela veut dire effacer sur lâensemble du territoire conquis toute rĂ©sistance prĂ©sente et future au National-Socialisme. Pour ĂȘtre plus prĂ©cis, seront exterminĂ©s tous les fonctionnaires politiques, les juifs, les tsiganes, les asiates infĂ©rieurs, tous ceux qui pourraient ĂȘtre une charge pour les vainqueurs : aliĂ©nĂ©s, inaptes au travail, prisonniers et, surtout, les femmes et les enfants des massacrĂ©s, car ceux-ci pourraient un jour dĂ©cider de venger leurs parents. Quant aux autres, les survivants, ils seront du matĂ©riel dâesclavage au service des colons ou de lâindustrie du Reich. Paradoxalement, pour diriger la nouvelle « colonie », le FĂŒhrer choisit Alfred Rosenberg, lâapĂŽtre de la renaissance des nationalismes de cette mosaĂŻque de peuples qui composent lâU.R.S.S. Rosenberg, pour le peuple allemand et les observateurs Ă©trangers (comme Frank en Pologne), sera le reprĂ©sentant croupion, le « fauteuil ». Au-dessous de lui, les « assassins » dâHeinrich Himmler se chargeront des basses besognes, sans avoir de comptes Ă rendre Ă dâautre autoritĂ© que leur ReichsfĂŒhrer. Rosenberg pour lâUnion soviĂ©tique, Frank pour la Pologne, accepteront en protestant du bout des lĂšvres cette position impossible, mais ils lâaccepteront en connaissant parfaitement les rĂšgles du jeu et ses consĂ©quences criminelles. Mieux encore, ces crimes, ils les couvriront par devoir, par fidĂ©litĂ© Ă Hitler et Ă son idĂ©ologie, par faiblesse. Keitel, marĂ©chal et haut responsable du commandement militaire, adoptera la mĂȘme attitude. Et quand il prendra conscience de sa rĂ©elle culpabilitĂ©, quâil dĂ©cidera de sauver « lâhonneur des soldats perdus », GĆring, de sa cellule de NĂŒremberg, lui ordonnera de se taire. Et il se taira. Quant Ă Paulus, qui aurait pu, en ignorant de « tenir jusquâĂ la mort », dĂ©gager une grande partie de ses forces de Stalingrad, il acceptera de rester enfermĂ© dans la nasse glacĂ©e de la Volga et de devenir le premier marĂ©chal captif de lâhistoire militaire. Cette faiblesse de Rosenberg, Frank, Keitel, Paulus et tant dâautres, explique lâacceptation du crime permanent par un personnel politique ou militaire qui sâĂ©tait livrĂ©, mains liĂ©es, Ă son dictateur. Câest lâune des rĂ©vĂ©lations de ces interrogatoires, tĂ©moignages, documents de NĂŒremberg et dâautres procĂšs que Christian Bernadac prĂ©sente dans ce livre. Un dossier indispensable â le plus complet jamais publiĂ© â pour mieux comprendre la rĂ©alitĂ© de lâhorreur de la guerre dans les territoires dâEurope de lâEst.