La Lettre tue
Auteur : Philippe Met
Date de publication : 2020-12-17
Ăditeur : Presses Universitaires du Septentrion
Nombre de pages : 268
Résumé du livre
Le fantastique, lâa-t-on assez dit, serait de tout temps affaire de spĂ©culation inventive et dâimagination luxuriante, de visions horrifiantes dâune improbable surnature et de figurations fuligineuses dâun intime irreprĂ©sentable, seules Ă mĂȘme de gĂ©nĂ©rer un sentiment dâenvoĂ»tement mĂȘlĂ© dâeffroi. Câest ce prĂ©supposĂ© en forme de poncif critique que la prĂ©sente Ă©tude voudrait, sinon remettre en cause, tout au moins interroger et pondĂ©rer par une poĂ©tique dite « lettrale » passant le champ concernĂ© au(x) spectre(s) de la lettre. Car, contrairement Ă ce que tendent Ă laisser penser des kyrielles dâadaptation cinĂ©matographiques (dont certaines au demeurant admirables), les rĂ©cits fondateurs du genre (Frankenstein, Dr. Jekyll & Mr. Hyde, Dracula) sont dâabord et surtout - et ce nâest pas un hasard - dâimposants dispositifs textuels laissant prolifĂ©rer la lettre et lâĂ©crit dans tous ses Ă©tats, fĂ»t-ce Ă la faveur dâĂ©piphanies dĂ©lĂ©tĂšres, voire mortifĂšres. En dĂ©finitive, ce nâest rien de moins quâune certaine performativitĂ© de la lettre fantastique que lâon sâattachera Ă mettre en lumiĂšre, Ă partir dâun corpus protĂ©iforme (confrontant des Ă©poques, des aires linguistiques et des degrĂ©s de notoriĂ©tĂ© trĂšs variĂ©s) et Ă travers certains motifs clĂ©s : la pseudo-traduction Ă visĂ©e mystificatrice ; les variantes du livre maudit et du manuscrit trouvĂ© ; lâĂ©criture fictive de soi qui vient buter et sâoblitĂ©rer sur un impossible je meurs, terme ultime de la lettre (qui) tue.